Fille aînée du célèbre Philippe Starck,
reconnu en France comme à l'étranger,
Philippe Starck est aujourd'hui une grande figure du design.
Ara a exposé, une peinture à l’ huile revisitée
par une technologie moderne le lenticulaire.
Travaillant à la peinture à l'huile,
elle livre des visages remaniés par le lenticulaire,
créant toutes sortes de distorsions visuelles,
laissant deviner une forte influence de l'imagerie contemporaine.

"Le contorsionniste", 116,5x78,5 cm, technique mixte,
2008
"L'équilibriste", 116,5x78,5 cm, technique mixte,
2008
Personnage tout aussi talentueux que mystérieux,
elle a aimablement accepté de répondre
d’une façon sincère à une interview réalisée
par l’équipe Déco-Design.

Elle est née à Paris en 1978.
Inspirée depuis toujours par le dépassement
au propre comme au figuré, Ara Starck peint sur grand format.
Le restaurant le Dali

L'ancien jardin d'hiver, qui accueille aujourd'hui
le nouveau restaurant nommé Dali en honneur au peintre espagnol
qui résidait ici un mois par an,
a été recouvert d'une toile monumentale.
C'est Ara, qui en est l'auteur.
De dimensions spectaculaires, 4 mètres sur 3,
la toile met en scène l'homme avec 4 mini-compositions.
L'idée :
que l'œuvre d'art et le lieu de vie évoluent ensemble,
dans la tradition des Chagall et des Cocteau.
D-D :
Ara, nous voulons donc en savoir un peu plus sur vous…
Quel est votre parcours ?
Ara Starck :
J’ai tout d’abord fait mes études générales à Paris
jusqu’au Baccalauréat,
ensuite j’ai choisi de partir vivre à Londres
pour poursuivre mes études de peinture.
Tout d’abord à la Saint Martins School of Art et Chelsea Shool of art
puis à la Slade School of art
d’où j’ai été diplômée du Bacchelor of Art en 2002.
Je suis ensuite partie vivre à New York,
où j’ai commencé à travailler sur la série de portraits
qui seront exposés en mai à Paris à la galerie Artegalore.
D-D :
En peinture de quel style vous sentez vous la plus proche ?
AS :
Je ne sens pas d’appartenance à un courant
ou un mouvement pictural en particulier.
Un de mes
objectifs dans mon travail
est de parvenir à installer un dialogue,
de créer une troisième matière qui serait le résultat d’une rencontre
entre la toile propre au peintre et le spectateur.
Je suis aussi à l’écoute des
nouvelles technologies
qui peuvent servir de nouveaux outils au service de la peinture.
En 2008,
j’ ai exposé à la galerie Artegalore une série de larges portraits
qui sont un mélange de peinture à l’huile
et d’une technologie moderne, le lenticulaire.
L’utilisation de cet outil
me permet de réaliser des tableaux tridimensionnels,
des tableaux mouvants où des images apparaissent
et disparaissent lorsque le spectateur se déplace devant.
D-D :
Etre peintre était-ce une évidence pour vous?
Ou avez vous hésité avec une autres façon d’exprimer
vos envies artistiques?
Ou bien même un métier plus classique?
AS :
Grandir dans un environnement créatif m’a guidée
vers un chemin artistique.
J’ai eu la chance de découvrir assez tôt mon medium :
la peinture.
J’ai beaucoup
d’admiration
et de respect pour le design et l’architecture,
mais je n’ai jamais eu le désir de me diriger vers ces domaines.
Pour moi la peinture m’est
toujours apparue comme une évidence,
comme le vocabulaire dans lequel
je me sentais à l’aise pour m’exprimer.
D-D :
Quelles ont été les conditions pour que la famille Starck
puisse être réunie autour d’un même projet ?
AS :
J’ai été élevée dans l’idée que chacun devait trouver sa propre voie,
son propre vocabulaire et par conséquent travailler en famille
n’a jamais été un désir ni pour mon père ni pour moi.
J’ai su que mon père
redessinait les parties principales
de l’hôtel Meurice et qu’il cherchait un artiste
afin de réaliser une toile pour le plafond du restaurant.
Le projet m’a tout de suite attiré
car il s’ancre dans une grande et ancienne tradition française.
J’ai alors proposé mon projet anonymement
afin que l’idée de travailler ensemble
ne soit ni un avantage ni un inconvénient.
Mon projet a été
choisit
et accepté par mon père et Franka Holtmann,
la directrice du Meurice.
Une relation de confiance s’est installée qui m’a permise
de travailler libre sans restrictions ni cahier des charges.
D-D :
Justement n’est -il pas dur de se faire un prénom
lorsque l’on porte un nom mondialement reconnu ?
AS :
Ce qui a rendu l’aventure de ce projet
aussi important pour moi et agréable,
c’est que chacun est resté dans son propre domaine.
Pendant 5 mois,
décoration.
j’ai réalisé la toile mais à aucun moment je n’ai travaillé
sur la
D-D :
Enfant avec votre père vous avez eu l’occasion
de voyager dans le monde entier,
quelles villes vous ont le plus marqué ?
Et aujourd’hui ou avez vous posé vos valises ?
AS :
J’ai souvent accompagné mes parents
lors de leurs voyages professionnels.
Je pense qu’un des voyage qui m’a le plus marqué est Tokyo.
J’avais 10 ans, et le rapport entre le coté traditionnel
et très technologique de cette ville m’avait impressionné.
J’habite aujourd’hui à
Paris, mais je continue à
voyager.
Je ne suis pas attachée à une ville ou un pays en particulier,
je pourrais demain partir découvrir
un autre pays du moment que je peux peindre.
D-D :
Quels créateurs de ce monde
(peintre, designer, couturier….) admirez-vous le plus ?
AS :
Matthew Barney est pour moi un artiste important.
Je suis très attiré par la théâtralité de son travail.
Et dans un autre domaine, les pièces de James Thierré
qui pour moi sont d’incroyables tableaux vivants.
D-D :
Ara de quels travaux êtes vous la plus fière ?
AS :
Je suis vraiment contente de pouvoir exposer la série de portraits
sur lequel je travaille depuis 3 ans.
C’est en effet un projet qui a été assez long à mettre en place
et je suis contente aujourd’hui de pouvoir le partager.

D-D : Pour finir Ara, un petit portrait chinois…
Si vous étiez un lieu ? :
Un lieu imaginaire comme une forêt magique et hantée.
Si vous étiez une couleur ? :
Une des couleurs primaires pour pouvoir au contact
d’une autre couleur en crée une troisième.
Si vous étiez un bruit ? :
Le son d’un guitare électrique ou acoustique.
Si vous étiez un meuble ? :
Un chevalet et un escabeau !














